SOUS LIEUTENANT Henri RAPHENNE (1906-1940)
Un peu d'histoire
Le 1° septembre 1939, prétextant l’attaque d’un poste frontière allemand, Hitler envahit la Pologne liée par un pacte d’amitié à la France et à l’Angleterre. Quelques heures après l’Angleterre, la France déclarait à son tour la guerre à l’Allemagne, le 2 septembre 1939. Ainsi débutait la Deuxième Guerre mondiale.
Les dures conditions climatiques de l’hiver 1939-1940 engourdirent les belligérants dans les défenses fortifiées de la Ligne Maginot, en France, et dans la Ligne Siegfried, en Allemagne. C’est ce qu’on appela « la drôle de guerre ».
Le 10 mai 1940, c’est le réveil brutal. Les blindés allemands débouchant des Ardennes pénétrent dans le nord et l’est de la France. La Belgique, La Hollande et le Danemark sont envahis.
Les 1e et 2 juin, premiers bombardements allemands sur les terrains d’aviation de Saint Etienne de Saint Geoirs, de Marcilloles et de Valence, des gares de triage de Porte les Valence, Livron, Peyraud, et de Saint Rambert d’Albon, les sites industriels de Péage de Roussillon et de Givors.
Un mois plus tard, le 10 juin 1940, l’Italie déclare la guerre à la France. C’est la débâcle des troupes françaises à travers la France. Depuis Bordeaux, où le gouvernement s’est replié, le Maréchal PETAIN annonce, le 14 juin, qu’il a demandé aux Allemands les conditions d’armistice. Le mercredi 19 juin, les troupes allemandes entrent en masse dans la ville de Lyon, déclarée « ville ouverte ». L’avance de l’armée allemande est foudroyante, elle a mis cinq jours pour couvrir les 525 kilomètres de Paris à Lyon.
Il est décidé qu’une zone de résistance se mette en place sur la rive gauche de l’Isère. Coulant de l’est à l’ouest vers le sud, elle forme avec le Rhône et le Massif des Alpes, une très forte barrière qui va protéger les dix départements du sud-est de la France. D’autant que la rivière a un débit important à la suite des pluies récentes.
Entre Romans, Bourg de Péage et Pont de l’Isère, les troupes françaises se comptent, bien peu nombreuses, mais fortemment déterminées :
- 1er bataillon du 20e Régiment d’Infanterie coloniale
- 1ére compagnie du 146e Régiment de réserve mobile de Valence
- 1er bataillon Nord-Africain, 700 algériens prennent position, appuyés par des sections de mitrailleuses et 3 pièces de 75
- les canonniers marins du 5e Dépôt des Equipages de la Flotte de Toulon
- des Compagnies de l’Air
La manœuvre générale allemande se précise : en direction de Chambéry par Aix les Bains et Les Echelles, en direction de Grenoble par Voreppe, et conquête de la rive gauche de l’Isère pour s’ouvrir l’accès aux Alpes et à la Vallée du Rhône.
L’Armistice signé le 22 juin à 18 heures 30 entre la France et l’Allemagne comportait une convention selon laquelle les hostilités continuaient jusqu’à la signature de cet armistice entre la France et l’Italie.
L’ensemble des ponts sur l’Isère sautent ou sont rendus inutilisables.
Dés l’aube du 22 juin, des colonnes motorisées ennemies arrivent à Saint Rambert d’Albon. Dans la nuit du 22 au 23, tout le nord et l’ouest du territoire dauphinois est envahi par les troupes motorisées allemandes. Au début de la matinée du dimanche 23 juin, les troupes ennemies envahissent Romans en arrivant simultanément par la route de Chanos en provenance de la Vallée du Rhône, de Peyrins en venant de Beaurepaire, de Génissieux depuis Roybon.
Les avions d’observation allemands ne cessent de mener une ronde bourdonnante inlassable à basse altitude, les fameux « mouchards ». Des barges de franchissement pour traverser l’Isère sont acheminées par l’ennemi. Des tirs d’artillerie et d’armes automatiques sont échangés de part et d’autre des rives.
L’aube du lundi 24 juin va se lever sous un ciel lourd de nuages où galope le vent du midi porteur de pluie. Monsieur le Comte de BUFFIERES dans son ouvrage « Les Allemands en Dauphiné et dans la Savoie » relate les circonstances dans lesquelles un avion français a été abattu à Mours Saint Eusèbe :
« deux batteries allemandes sont en position à Peyrins…. A Peyrins, arrive une colonne allemande d’infanterie en camions et des pontonniers. Un avion français attaque le convoi à la bombe, tuant et blessant plusieurs Allemands, mais blessant aussi plusieurs femmes . L’une d’elles, tombée sur la route, est ramassée par les Allemands qui la soignent et la transportent chez elle.
« les batteries allemandes de Peyrins attirent les avions français : aussi les habitants passent-ils l’après-midi du lundi dans leurs caves creusées dans le roc où ils perçoivent les éclatements des bombes et des obus transmis par le sol. Trois attaques se succèdent. Deux avions venant de la direction de Romans mitraillent une des batteries, la riposte allemande atteint l’un des appareils qui glisse sur une aile, se redresse, passe la crête du coteau et va tomber en flammes, près de Mours. Le sous-lieutenant qui pilote est carbonisé. Peu après, trois avions attaquent l’autre batterie et disparaissent ; en fin, un gros bombardier attaque la batterie à la bombe à cent mètres d’altitude et au canon avec sa pièce arrière. Les Allemands ripostent au fusil, à la mitrailleuse, avec leur D.C.A . L’avion reprend de la hauteur, entouré des éclatements de la D.C.A et disparaît dans les nuages. Trois civils ont été tués à Peyrins par les divers tirs. »
Les hostilités cessent le 25 juin 1940 à 0 heure 35.
Le 5 juillet, les Allemands s’en vont, vers le nord. Nous restons en « zone libre ».>
Le Commandement français fit donc appel à l’aviation pour attaquer les convois et les concentrations de troupes ennemies entre la région grenobloise et la Vallée du Rhône. Toutefois, les conditions météorologiques déplorables – plafond bas, vent du sud violent, fortes averses – rendirent les missions aériennes difficiles, voir impossibles, depuis les terrains d’aviation du sud de la France. Néanmoins, au cours de brèves éclaircies, l’Armée de l’Air intervint au mieux de ses possibilités sur la région.
Dimanche 23 juin 1940 >
Equipage du Potez 63-11 du Groupe de Reconnaissance II/ 14
De Gauche à Droite : Sergent Vigneron, Commandant de La Vaissière,
Adjudant-Chef Nicolaud, Sergent Lucas
Le Groupe de Reconnaissance II/14, depuis le le terrain d’Orange- Plan de Dieu, effectuait une mission de reconnaissance, en cours d’après-midi, afin de situer les positions et la nature de deux colonnes ennemies signalées sur l’axe Saint Donat-Saint Etienne de Saint Geoirs. Le Potez 63/11 n° 287 prenait l’air avec l’équipage suivant : Adjudant-Chef NICOLAUD, pilote, Commandant de LA VAISSIERE, observateur, sergent VIGNERON, mitrailleur. La mission de reconnaissance armée fut exécutée par très mauvais temps à basse altitude et la colonne ennemie mitraillée, aux environs de La Frette : 60 Allemands sont tués ou blessés et 2 voitures incendiées.
Le Groupe de Chasse II/6, depuis le terrain d’Avignon-Pujaut, procédait à une mission d’attaque au sol d’engins motorisés ennemis dans la région de Tain / Romans. Au cours de cette mission, le Bloch 152 n° 630 piloté par le sergent-chef BOYER est touché par les tirs anti-aériens ennemis : suivant certains témoignages, le pilote qui aurait sauté en parachute a été fait prisonnier à proximité du terrain d’aviation de Saint Paul les Romans, d’autres indiquent que contraint d’atterrir sur le terrain d’aviation, il a été fait prisonnier par les blindés allemands qui lui ont coupé la route au moment où il tentait de redécoller.
Le Général Philippe MAURIN, dans un courrier de novembre 1991, nous rappela que le 23 juin, le Lieutenant CORMOULES pilotant le Potez 63/11 n° 142 avec comme navigateur l’Adjudant BRUYERE, lors d’un vol de 2 heures 20, mitrailla des blindés allemands dans la région de Moirans. Il appartenait au Groupe I/16 commandé par le Capitaine ESCUDIER et qui avait fait mouvement le 20 juin sur le terrain de Nîmes.
Les Groupes de Chasse I/2 et II/2 reçoivent l’ordre d’attaquer, le 23 juin, avec tout leur effectif disponible, les colonnes motorisées ennemies se dirigeant vers Chambéry. Le Capitaine WILLIAMS apprécie en ces termes ce genre de mission :
« les 22 et 23 juin, on nous confia deux missions dont l’inutilité était flagrante. De plus, le danger réel qu’elles présentaient échappait probablement au chef responsable de cet ordre. Il était tel qu’elles pouvaient presque être qualifiées de coupables.
Il s’agissait d’aller de Nîmes, attaquer des colonnes motorisées ennemies du côté de Chambéry, puis évidemment, de revenir à Nîmes après avoir franchi, en chaque sens, 250 kilomètres, dont une centaine au-dessus d’un territoire occupé par l’ennemi. On nous faisait attaquer dans une région montagneuse où l’on relève des cotes de 2 000 mètres alors que les conditions atmosphériques étaient médiocres. Le ciel était couvert à 1500 mètres d’une couche de nuages orageux.
Nous n’avions plus un seul obus perforant ; seulement des obus ordinaires, qui présentaient la caractéristique d’éclater au contact d’une feuille de papier à cigarettes, et les balles de nos mitrailleuses. Les engins blindés ennemis n’avaient vraiment rien à craindre de notre attaque, et ils pouvaient continuer tranquillement leur chemin. Par contre, les dernières expériences faites dans ce domaine avaient prouvé que ces missions coûtaient généralement très cher à la Chasse, lui faisant subir des pertes qui allaient parfois jusqu’à cinquante pour cent de l’effectif engagé.
On nous demandait ce sacrifice insensé, alors que la signature de l’armistice avec l’Italie était imminent !… Ces missions ne pouvaient se justifier que par le désir de se battre jusqu’au bout. Ce désir, nous l’avions tous ; mais nous savions aussi que nous aurions été beaucoup plus utiles aux troupes de terre et à notre pays en exécutant un travail normal pour nous, je veux dire en attaquant les avions de bombardement ou de reconnaissance italiens qui, à cette époque, se promenaient comme chez eux au-dessus de notre sol. »
Lundi 24 juin 1940
Tous les Morane 406 disponibles du Groupe de Chasse III/1, depuis le terrain de Marignane, attaquèrent les convois de véhicules et d’engins blindés se dirigeant sur les routes du Dauphiné en direction de Romans. Une Flak ( nom de la défense anti-aérienne allemande) de petit calibre, mais très dense protégeait l’avance de l’ennemi. Sur le retour de mission, l’appareil du sergent LAGRANGE de la deuxième escadrille fut touché par la Flak. Son appareil en flammes, le pilote blessé sauta en parachute et se posa près de Grignan. Le Groupe maintiendra deux patrouilles doubles en vol de 18 heures 20 à 20 heures 20, et effectua ce jour-là, 20 heures 35 de vols de guerre.
Au Groupe de Chasse II/1, lors d’une mission de mitraillage sur une colonne ennemie entre Hauterives et Romans, le Bloch 152 du Lieutenant FONTAINE fut gravement endommagé par la Flak.
Au cours d’une mission de reconnaissance sur la tentative de franchissement de l’Isère par les troupes allemandes, le Potez 63/11 n° 187 du Groupe de Reconnaissance II/14 fut pris en chasse par un Messerschmitt 109. L’équipage de l’appareil : Sergent ROBIN, pilote, Sous-Lieutenant DECARIS, observateur, Sergent MARTIN, radio, posa son appareil en catastrophe sur le terrain d’aviation de Montélimar-Ancône. Le Sergent MARTIN, grièvement blessé à la cuisse fut évacué sur l’hôpital de Montélimar.
Depuis le terrain d’aviation d’Avignon-Pujault, les Bloch 152 du Groupe de Chasse II/6 participèrent aux combats. De 16 heures 45 à 17 heures 15, trois patrouilles :
restèrent 25 minutes sur le secteur Valence / Romans, en attaquant au canon et à la mitrailleuse, un convoi transportant des éléments de ponts de bateaux garé sur la place du village de Peyrins, et qui était protégé par une Flak légère située à 200 mètres du village.
L’Adjudant COUFFON relatait dans son carnet de vol : « 24 juin 1940, sur Bloch 152 n° 671, altitude 200 mètres, durée 1 heure 20, attaque convoi Hauterives-Romans, tiré au sol troupes ennemies ».
Le journal de marche de l’unité fait état que six Bloch 152 du Groupe attaquèrent des chars allemands dans la rue principale de Romans, en deux passes en rase-mottes. >
Tous les Morane 406 disponibles du Groupe de Chasse III/1, depuis le terrain de Marignane, attaquèrent les convois de véhicules et d’engins blindés se dirigeant sur les routes du Dauphiné en direction de Romans. Une Flak ( nom de la défense anti-aérienne allemande) de petit calibre, mais très dense protégeait l’avance de l’ennemi. Sur le retour de mission, l’appareil du sergent LAGRANGE de la deuxième escadrille fut touché par la Flak. Son appareil en flammes, le pilote blessé sauta en parachute et se posa près de Grignan. Le Groupe maintiendra deux patrouilles doubles en vol de 18 heures 20 à 20 heures 20, et effectua ce jour-là, 20 heures 35 de vols de guerre.
Au Groupe de Chasse II/1, lors d’une mission de mitraillage sur une colonne ennemie entre Hauterives et Romans, le Bloch 152 du Lieutenant FONTAINE fut gravement endommagé par la Flak.
Au cours d’une mission de reconnaissance sur la tentative de franchissement de l’Isère par les troupes allemandes, le Potez 63/11 n° 187 du Groupe de Reconnaissance II/14 fut pris en chasse par un Messerschmitt 109. L’équipage de l’appareil : Sergent ROBIN, pilote, Sous-Lieutenant DECARIS, observateur, Sergent MARTIN, radio, posa son appareil en catastrophe sur le terrain d’aviation de Montélimar-Ancône. Le Sergent MARTIN, grièvement blessé à la cuisse fut évacué sur l’hôpital de Montélimar.
Depuis le terrain d’aviation d’Avignon-Pujault, les Bloch 152 du Groupe de Chasse II/6 participèrent aux combats. De 16 heures 45 à 17 heures 15, trois patrouilles :
- 1ère patrouille : Adjudant-Chef GAUDON, Sous-Lieutenant RONIN, Lieutenant DELHOUME
- 2e patrouille : Adjudant-Chef GRAY, Sergent-Chef TOURET, Adjudant COUFFON
- 3e patrouille : Adjudant VERNACLDE, Lieutenant SUSSARD, Sergent GUILLON
- 2e patrouille : Adjudant-Chef GRAY, Sergent-Chef TOURET, Adjudant COUFFON
- 3e patrouille : Adjudant VERNACLDE, Lieutenant SUSSARD, Sergent GUILLON
restèrent 25 minutes sur le secteur Valence / Romans, en attaquant au canon et à la mitrailleuse, un convoi transportant des éléments de ponts de bateaux garé sur la place du village de Peyrins, et qui était protégé par une Flak légère située à 200 mètres du village.
L’Adjudant COUFFON relatait dans son carnet de vol : « 24 juin 1940, sur Bloch 152 n° 671, altitude 200 mètres, durée 1 heure 20, attaque convoi Hauterives-Romans, tiré au sol troupes ennemies ».
Le journal de marche de l’unité fait état que six Bloch 152 du Groupe attaquèrent des chars allemands dans la rue principale de Romans, en deux passes en rase-mottes. >
Une patrouille de Morane 406 du Groupe de Chasse I/2 (ancienne SPA 3 : les Cigognes) sous les ordres du Capitaine SARRAULT, avec
comme équipiers les Sous-Lieutenants MARCHELIDON et PINCE, décollait du terrain d’aviation de Montpellier-Fréjorques, en cours d’après-midi. Sa mission : destruction au
sol sur les routes à l’ouest de Moirans. Voici le récit du combat aérien livré ce jour-là par le Sous-Lieutenant MARCHELIDON :
« Au retour, à l’est de Valence, vers 18 heures 10, j’aperçois à ma droite un avion qui remonte le Rhône. Je me dirige vers lui et je le vois piquer. Je passe très près au- dessus de lui, il me tire, et je vois les croix noires. Je reconnais un Henschel 126. A la première passe ¾ arrière, je vois un obus éclater dans la queue. Je fais encore trois passages, à la dernière je tire une rafale très près, plein arrière et je vois l’avion piquer très fort et emboutir le sol. Je fais deux tours au-dessus de lui, et ne voyant rien remuer, je regagne mon terrain ».
En fait, il s’agissait d’un Henschel 126 codé 4E BN appartenant à l’unité de reconnaissance
Aufklärungstaffel 5.(H)./13 qui se posa en catastrophe au quartier des Fayolles, sur le territoire de la commune de Beaumont-Monteux, à environ 2 kilomètres au nord-ouest de la localité. Un des deux aviateurs, l’observateur fut trouvé mort. Le Feldwebel Joachim LESSING sera enterré provisoirement à proximité de la ferme CHATAIN. Un deuxième aviateur, le pilote, l’Oberleutnant Christoph JAHN, blessé, fut transporté dans un hôpital de campagne allemand à Saint Donat, où il décédera le lendemain.>
« Au retour, à l’est de Valence, vers 18 heures 10, j’aperçois à ma droite un avion qui remonte le Rhône. Je me dirige vers lui et je le vois piquer. Je passe très près au- dessus de lui, il me tire, et je vois les croix noires. Je reconnais un Henschel 126. A la première passe ¾ arrière, je vois un obus éclater dans la queue. Je fais encore trois passages, à la dernière je tire une rafale très près, plein arrière et je vois l’avion piquer très fort et emboutir le sol. Je fais deux tours au-dessus de lui, et ne voyant rien remuer, je regagne mon terrain ».
En fait, il s’agissait d’un Henschel 126 codé 4E BN appartenant à l’unité de reconnaissance
Aufklärungstaffel 5.(H)./13 qui se posa en catastrophe au quartier des Fayolles, sur le territoire de la commune de Beaumont-Monteux, à environ 2 kilomètres au nord-ouest de la localité. Un des deux aviateurs, l’observateur fut trouvé mort. Le Feldwebel Joachim LESSING sera enterré provisoirement à proximité de la ferme CHATAIN. Un deuxième aviateur, le pilote, l’Oberleutnant Christoph JAHN, blessé, fut transporté dans un hôpital de campagne allemand à Saint Donat, où il décédera le lendemain.>
Au départ du terrain d’aviation de Salon de Provence, deux patrouilles légères de Morane 406 du Groupe de Chasse I/6 décollèrent
pour une mission d’attaque des colonnes motorisées qui circulaient entre Romans / Hauterives / Beaurepaire.
A 18 heures 35, s’envolait la première patrouille composée du Sous-Lieutenant RAPHENNE, Chef de patrouille, sur Morane 406 n ° 1056, et de son équipier, le Sous-Lieutenant DEMOULIN sur Morane 406 n °817. De part et d’autres de la Vallée du Rhône, les reliefs montagneux étaient cachés par les masses nuageuses et orageuses. A Valence, la patrouille était en vol rasant, puis survolait Romans en constatant que le pont sur l’Isère était détruit., et que des fumées s’élevaient au-dessus de la ville. A Beaurepaire, un grand nombre de camions ennemis étaient rassemblés sur la place principale, et à la vue des appareils français, la Flak ouvrit le feu. Les deux pilotes plongèrent en tirant et dégagèrent en virant chacun de leur côté. Le Sous-Lieutenant DEMOULIN, en passant sur un bois, vit que celui-ci grouillait d’engins ennemis. Il revint sur eux pour les mitrailler.
A 18 heures 35, s’envolait la première patrouille composée du Sous-Lieutenant RAPHENNE, Chef de patrouille, sur Morane 406 n ° 1056, et de son équipier, le Sous-Lieutenant DEMOULIN sur Morane 406 n °817. De part et d’autres de la Vallée du Rhône, les reliefs montagneux étaient cachés par les masses nuageuses et orageuses. A Valence, la patrouille était en vol rasant, puis survolait Romans en constatant que le pont sur l’Isère était détruit., et que des fumées s’élevaient au-dessus de la ville. A Beaurepaire, un grand nombre de camions ennemis étaient rassemblés sur la place principale, et à la vue des appareils français, la Flak ouvrit le feu. Les deux pilotes plongèrent en tirant et dégagèrent en virant chacun de leur côté. Le Sous-Lieutenant DEMOULIN, en passant sur un bois, vit que celui-ci grouillait d’engins ennemis. Il revint sur eux pour les mitrailler.
Quant au Sous-Lieutenant RAPHENNE, pendant ce temps, il apercevait une colonne de chars qui se déplaçait entre Beaurepaire et Romans.
Il effectuait deux passes de tir. A la seconde, quelques paysans témoins de l’attaque eurent l’impression que l’avion environné de flammes explosait en vol.
Dans l’appareil qui s’écrasa au sol, au lieu-dit « Les Perrières » sur le territoire de la commune de Mours Saint Eusèbe, on retira les restes carbonisés du Sous-Lieutenant
RAPHENNE. Il était 20 heures.
A 18 heures 45, s’envolait la deuxième patrouille composée de l’Adjudant-Chef GAUDRY, Chef de patrouille, sur Morane 406 n° 863 et de son équipier l’Adjudant LEFEVRE sur Morane 406 n° 1030. Après avoir remplit sa mission, on constata que l’appareil de l’Adjudant-chef GAUDRY avait reçu une balle explosive dans un plan. Ainsi, son appareil était le dernier à avoir reçu l’ultime coup de Flak de la « Campagne de France ».>
A 18 heures 45, s’envolait la deuxième patrouille composée de l’Adjudant-Chef GAUDRY, Chef de patrouille, sur Morane 406 n° 863 et de son équipier l’Adjudant LEFEVRE sur Morane 406 n° 1030. Après avoir remplit sa mission, on constata que l’appareil de l’Adjudant-chef GAUDRY avait reçu une balle explosive dans un plan. Ainsi, son appareil était le dernier à avoir reçu l’ultime coup de Flak de la « Campagne de France ».>
Le Morane-Saulnier MS 406 dans la campagne de France en Mai-Juin 1940
Sur le plan technique, ce monoplan à ailes basses se caractérisait par sa srtucture métallique et son revêtement de toile, contreplaqué et aluminium. Capable d’une vitesse maximale de plus de 480 km/h pour une distance franchissable de 800 km, il était armé d’un canon de 20 mm et de deux mitrailleuses.
Malgré les 600 exemplaires produits et la valeur des pilotes qui le mirent en œuvre notament lors de la bataille de mai-juin 1940, il ne parvint pas à renverser le cours de la guerre. Au moment de l’armistice signé par la France le 24 juin 1940, les appareils restants furent réquisitionnés par l’Allemagne et d’autres intégrés à l’avition de Vichy.
(Air Actualités-février 2004)
Le Sous-Lieutenant Henri RAPHENNE
Le Sous-Lieutenant RAPHENNE fut le dernier pilote français tué lors de ce conflit, puisque l’Armistice avec l’Italie fut signé le
25 juin 1940 à 0 heure 35.
Son corps fut inhumé dans le cimetière de Mours Saint Eusèbe, en présence de la Municipalité et des enfants des écoles. Un détachement allemand rendit les honneurs et des officiers déposèrent sur sa tombe un gros bouquet de roses rouges orné d’un ruban portant une inscription : « Morane 1056 ( et en-dessous en allemand ) descendu le 24 juin 1940 ».
Pendant quelques années, à la Toussaint, un bouquet était déposé sur le lieu de sa mort. Puis, un jour plus rien ! Son corps fut transféré, en juillet 1941, probablement à Tavey, canton de Héricourt ( 70400), puis dans le cimetière communal du Vieux Clamart à Clamart (Hauts de Seine).
Henri RAPHENNE, né le 21 avril 1906 à Tavey (Haute Saône), marié à Pauline BERARD, était domicilié dans cette localité. Breveté pilote en 1925, il est nommé Sergent en 1927. Puis, il suit un stage de moniteur de tir à Cazaux, avant d’être affecté en 1936 à l’Aéronautique naval à Dakar pendant trois ans. Nommé Sous-Lieutenant en septembre 1939, il est affecté au Groupe de Chasse I/6 en mars 1940. La bataile de France lui offre l’occasion de montrer ses talents de pilote de chasse : le 20 mai il abattait un Junkers 86 à Amiens, le lendemain, avec ses équipiers, il descendait un Dornier 17 dans la région de Cambrai. Trois jours plus tard, il portait à son actif avec ses équipiers un Dornier 215 à Montdidier dans la Somme. Le 3 juin, il était nommé Commandant de la 1e escadrille et abattait deux Messerschmitt 109 en Seine et Marne. Avec cinq victoires aériennes homologuées, et une probable, il est considéré As de Guerre 1939-1940.
Voici le texte de sa dernière citation :
« Jeune Chef d’escadrille, d’une ardeur, d’un sang froid et d’une modestie incomparable. Par son courage infatigable, a ranimé dans son unité la confiance parfois ébranlée par des pertes cruelles. Avec une scrupuleuse exactitude, a accompli de nombreuses missions à très basse altitude, s’attachant à attirer sur lui le feu de l’ennemi pour en situer les positions. A tenu à faire la dernière mission du 24 juin au cours de laquelle il a été abattu après avoir infligé des pertes sévères aux troupes ennemies. A remporté six victoires aériennes. »
SOURCES :
Son corps fut inhumé dans le cimetière de Mours Saint Eusèbe, en présence de la Municipalité et des enfants des écoles. Un détachement allemand rendit les honneurs et des officiers déposèrent sur sa tombe un gros bouquet de roses rouges orné d’un ruban portant une inscription : « Morane 1056 ( et en-dessous en allemand ) descendu le 24 juin 1940 ».
Pendant quelques années, à la Toussaint, un bouquet était déposé sur le lieu de sa mort. Puis, un jour plus rien ! Son corps fut transféré, en juillet 1941, probablement à Tavey, canton de Héricourt ( 70400), puis dans le cimetière communal du Vieux Clamart à Clamart (Hauts de Seine).
Henri RAPHENNE, né le 21 avril 1906 à Tavey (Haute Saône), marié à Pauline BERARD, était domicilié dans cette localité. Breveté pilote en 1925, il est nommé Sergent en 1927. Puis, il suit un stage de moniteur de tir à Cazaux, avant d’être affecté en 1936 à l’Aéronautique naval à Dakar pendant trois ans. Nommé Sous-Lieutenant en septembre 1939, il est affecté au Groupe de Chasse I/6 en mars 1940. La bataile de France lui offre l’occasion de montrer ses talents de pilote de chasse : le 20 mai il abattait un Junkers 86 à Amiens, le lendemain, avec ses équipiers, il descendait un Dornier 17 dans la région de Cambrai. Trois jours plus tard, il portait à son actif avec ses équipiers un Dornier 215 à Montdidier dans la Somme. Le 3 juin, il était nommé Commandant de la 1e escadrille et abattait deux Messerschmitt 109 en Seine et Marne. Avec cinq victoires aériennes homologuées, et une probable, il est considéré As de Guerre 1939-1940.
Voici le texte de sa dernière citation :
« Jeune Chef d’escadrille, d’une ardeur, d’un sang froid et d’une modestie incomparable. Par son courage infatigable, a ranimé dans son unité la confiance parfois ébranlée par des pertes cruelles. Avec une scrupuleuse exactitude, a accompli de nombreuses missions à très basse altitude, s’attachant à attirer sur lui le feu de l’ennemi pour en situer les positions. A tenu à faire la dernière mission du 24 juin au cours de laquelle il a été abattu après avoir infligé des pertes sévères aux troupes ennemies. A remporté six victoires aériennes. »




